De la vidéo à l’analytique métiers… les caméras se mettent au travail

Grâce à des performances en hausse constante, les caméras et leur travail analytique creusent leur sillon dans les entrepôts et dans la logistique. Photo AdobeStock

Génératrices d’images et de données, les caméras et les algorithmes peuvent contribuer à améliorer l’efficacité des process opérationnels, en particulier dans la logistique.

Si les caméras de vidéosurveillance, focalisées sur la protection des biens et des personnes, ont avant toute chose une mission sécuritaire, elles contribuent aussi, au fil des années, aux métiers et aux opérations dans les entreprises. L’un des exemples les plus connus, aujourd’hui, se trouve dans les boutiques commerçantes. Des algorithmes, analysant les images acquises par ces caméras, sont capables de compter les personnes pénétrant ou quittant le magasin, d’en déduire la fréquentation au cours de la journée, d’identifier les zones « chaudes » signifiant de fortes densités… Les données ainsi engendrées permettent au marketing d’évaluer l’efficacité d’une promotion ou la visibilité d’une marque ou d’un rayon. Au plus fort des restrictions imposées par la pandémie, les caméras et ses algorithmes se sont même transformés en instruments de mesure de la distanciation physique.

Autre attribution possible des caméras : la gestion des flux, qui s’est par exemple ajoutée en 2013 au catalogue de Foxstream, spécialiste de la détection d’intrusion. Employé dans plusieurs aéroports, FoxQMS, toujours sur la base d’images acquises par des caméras existantes, calcule et affiche le temps d’attente de chaque file devant les postes de filtrage. L’information est à la fois utile aux voyageurs et aux équipes opérationnelles, indiquant si un guichet supplémentaire doit être ouvert ou non.

Cette approche analytique est apparue dans le courant des années 2000 et s’est introduite jusqu’au cœur des caméras. « Axis a pris cette initiative dès 2008 en s’inspirant de la téléphonie mobile, commente Philippe Bénard, en charge, chez Axis Communications, de la relation auprès des développeurs. Les applications sont téléchargées directement dans la mémoire de la caméra via notre plateforme ACAP (Axis Camera Application Platform). Notre brique « object analytics », dans notre firmware, a permis aux éditeurs de renforcer leurs propres applications. » La brique matérielle a progressé dans le même temps pour faire face à cette demande de puissance grandissante. Le processeur Artpec animant les caméras Axis, de septième génération, exécute des algorithmes d’apprentissage automatique (machine learning) pour améliorer la reconnaissance de visages et de véhicules. « Il est parfois complété par un processeur graphique qui peut accélérer un algorithme d’apprentissage approfondi (deep learning), poursuit Philippe Bénard. La classification des objets est alors envisageable : voiture, camion, vélo… »

Avec la pandémie, les caméras et leurs algorithmes se sont transformés en instruments de mesure de la température et de la distanciation physique. Photo AdobeStock

Retracer le parcours du colis

Grâce à ces performances en hausse constante, les caméras et leur travail analytique creusent leur sillon dans les entrepôts et dans la logistique. Les éditeurs de VMS, notamment, y voient un moyen de développer et de valoriser leur proposition commerciale. Organisée par verticaux depuis quelques années – Smart City, commerce… – l’offre de Genetec s’est enrichie en 2020 d’un nouveau segment consacré à la filière des transports et la logistique. « Nos clients sont typiquement les sociétés express, telles qu’UPS et Chronopost, qui instaurent la traçabilité des colis » explique Nick d’Hoedt, responsable de la solution Transport&Logistique chez Genetec.

Quand les colis arrivent dans les centres de triage, ils sont convoyés au travers de portiques équipés de caméras, de capteurs de poids, de lecteurs de code-barres… A chaque code-barres, identifiant un colis, est associée une image, indiquant ses dimensions (par analyse dimensionnelle effectuée par les caméras), son poids et permettant d’évaluer son état. « Il s’agit de créer un concept autour d’une image grâce à l’intelligence accrue des caméras, explique Nick d’Hoedt. On aide les équipes opérationnelles à retracer le parcours du colis, en cas de plainte déposée par le destinataire, et à connaître son état à chaque étape. » Une fois le code-barres renseigné dans le VMS Security Center, seules les séquences vidéo clés sont extraites et conduisent plus vite à l’essentiel.

Outre les caméras pointées sur les colis, d’autres caméras servent à observer les zones de chargement/déchargement et à discerner les véhicules, les plaques minéralogiques voire les chauffeurs.  La vidéo s’installe jusque dans les camions de transport, si le contenu est de valeur. Dans les terminaux aéroportuaires, l’analyse d’image aide également à déchiffrer les milliers d’inscriptions portées par chaque container, à des fins d’identification.

Selon Nick d’Hoedt, Genetec n’est plus seulement acteur du monde de la sécurité : « On protège le quotidien : les données, l’identité, la confidentialité et l’opérationnel, ce qui comprend les opérateurs et les procédures. » Le gain, pour les entreprises de la logistique, serait considérable. « La recherche d’un colis perdu prenait deux à trois jours, le temps d’examiner la feuille de route etc, détaille Nick d’Hoedt. Maintenant, elle dure moins de cinq minutes. On enquête plus vite si on peut traiter plus d’infos et de manière unifiée. »…


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