Métiers : de l’intégration à l’administration de services numériques

Pour les installateurs, intégrateurs et mainteneurs c’est une opportunité pour acquérir des marchés plus techniques et à valeur ajoutée pour les clients finaux. Photo : Adobe Stock

Parmi les grands chantiers entrepris par l’AniTEC, l’un d’entre eux concerne l’évolution du positionnement des professionnels de l’intégration. Le syndicat voit le métier rapidement évoluer vers l’administration de services numériques. Quid ?

Pour l’AniTEC (Alliance nationale des intégrateurs de Technologies), installateurs, intégrateurs et mainteneurs doivent devenir des opérateurs locaux de services numériques. « Il s’agit d’une entité capable d’apporter aux clients, des solutions de bout en bout, c’est-à-dire de la conception du projet – l’ingénierie -, jusqu’à l’exploitation des services, en passant par la phase déploiement », explique Arnaud Brouquier, coprésident de l’Alliance.

C’est une évolution logique et indispensable. On constate en effet que tous les projets un peu high tech, Smart Home, Smart Building… qui ont été lancés ces dernières années, n’ont pas été de franches réussites.  La raison en est aussi simple que déconcertante. « Certes, la technologie embarquée dans le bâtiment est opérationnelle et les équipements correctement déployés mais les clients finaux ne les utilisent pas, ajoute Arnaud Brouquier, soit qu’ils ne correspondent à aucun de leurs besoins, soit qu’ils ne les utilisent pas correctement ». Une situation qui peut même virer au casse-tête pour les gestionnaires de copropriétés voire même pour les gestionnaires d’immeubles tertiaires, qui ne sont pas correctement formés et se trouvent dans l’incapacité d’administrer l’ensemble des équipements.

Infrastructure numérique unique, ouverte et flexible

Face à cette réalité, l’AniTEC a décidé de prendre le problème à bras-le-corps. Un groupe de travail chargé de plancher sur le remède à prodiguer a été constitué. Résultat, quelques mois de cogitation plus tard, il se dessine une solution basée sur une approche globale qui fait référence à une infrastructure numérique unique et ouverte pour chaque bâtiment. Explication. Plutôt que de voir des réseaux numériques s’additionner, l’idée est de mettre en œuvre une infrastructure sous protocole IP unique.

Revivez sur notre chaîne YouTube la réunion du Club SIM consacrée à l’AniTEC, avec la participation d’Arnaud Brouquier son coprésident.

Un réseau flexible, qui n’est pas nécessairement un réseau fibre ou câble VDI, il peut être constitué de câble coaxial, comme celui utilisé dans le domaine de l’antenne de télévision, etc… In fine, cette infrastructure servira au déploiement de divers équipements comme des bornes Wi-Fi, des vidéo-portiers, des boîtes aux lettres connectées, des outils de supervision technique…

Pour que le système fonctionne, tous ces équipements doivent être administrés. A l’image de l’administrateur réseau dans l’entreprise, demain dans la phase d’exploitation, l’administrateur local de services numériques assurera le rôle d’administrateur réseau pour bâtiment tertiaire ou immeuble d’habitation.

L’idée est également de proposer à l’utilisateur final une approche disruptive au regard de ce qui se pratique jusqu’à présent. « De notre côté, précise Arnaud Brouquier, nous nous engageons sur une qualité de services et sur l’adéquation entre les systèmes déployés dans le bâtiment et les besoins réels des utilisateurs et acceptons de pratiquer un prix moindre sur la phase de déploiement. En contrepartie, nous sollicitons des contrats de services récurrents pour l’entretien et la maintenance du bâtiment ».

Pour les installateurs, intégrateurs et mainteneurs, c’est une opportunité pour acquérir des marchés plus techniques et à valeur ajoutée pour les clients finaux. La proposition de l’AniTEC semble faire son petit bonhomme de chemin, puisqu’elle vient d’être rejointe sur ce point par les domoticiens de la SBA (Smart Buildings Alliance).

www.anitec.fr