Immeuble résidentiel : les voies d’avenir du portier

Pour Thierry Gindro, PDG de Soone, « La mise à jour instantanée et à distance est une grande tendance." Photo : DR

L’évolution du contrôle d’accès dans l’habitat collectif est portée par le « sans fil », la gestion en temps réel et le smartphone. A terme, ce dernier pourrait même signer l’arrêt de mort de l’interphone.

La simplification et la modernisation des technologies et des équipements ont vocation à stimuler le marché du contrôle d’accès et de l’interphonie pour l’habitat collectif. Les perspectives sont meilleures dans le secteur privé, sous-équipé. « Alors que deux tiers du parc HLM profitent de technologies 2.0 (écran à défilement, badges RFID, etc), beaucoup de copropriétés utilisent encore des systèmes de première génération où le portier n’a pas beaucoup évolué, si ce n’est l’intégration du champignon noir ou gris Vigik » constate Thierry Gindro, pdg de Soone (ex JGIE). Une disparité qui s’explique par les modalités de financement : dans une copropriété, la plupart des dépenses sont votées lors de l’assemblée générale… et le contrôle des accès est rarement prioritaire. D’où l’idée, chez Soone, de réduire le coût de la rénovation (indispensable quand les pièces de rechange ne sont plus disponibles) : le portier est remplacé mais l’équipement (combinés…) et l’infrastructure câblée sont conservés. « Le gestionnaire et les résidents profitent alors d’un nouvel interphone connecté, puisque tous nos produits possèdent un modem et une carte SIM » poursuit Thierry Gindro. Cette connexion permanente exauce par ailleurs un souhait exprimé par les syndics et les bailleurs : assouplir la gestion des accès et des services.

Tous les grands noms de la filière proposent aujourd’hui un logiciel pour administrer à distance l’interphone ou la centrale d’accès (Visiosoftweb chez Urmet, Baticonnect chez Noralsy…). Une démarche comparable avec le « online » en développement dans le tertiaire « La mise à jour instantanée et à distance est une grande tendance, indique Thierry Gindro. L’installateur n’a plus besoin de se déplacer pour reprogrammer la platine. Ce n’est même plus lui qui fait le travail, qui revient au gestionnaire. » Lequel est en position de négocier un prix moindre pour le service…

Le smartphone, mais pas seulement

Concernant les nouvelles pratiques, le smartphone se glisse partout. CDVI l’a par exemple mis à contribution pour la programmation de son nouveau Digicode Bluetooth. Mis en service par l’installateur qui peut en déléguer la gestion au président du conseil syndical, il pourra prendre en compte les services à la personne ou la location ponctuelle Airbnb et autres… « Le particulier envoie un lien aux destinataires (prestataires ou locataires ponctuels) qui téléchargera l’application, détaille Pascal Le Roux, vice-président de CDVI. Un droit d’accès temporaire est créé sans pour autant divulguer le code. » S’affirmant comme le terminal d’avenir, le smartphone se place aussi au cœur de l’offre 4G Mini de Noralsy. Chez Urmet, on se montre plus prudent : « Les résidents, surtout en copropriété, aiment avoir le choix entre le combiné, le moniteur vidéo ou le smartphone. » Pas question non plus d’en faire un sésame universel : la serrure connectée Viky d’Urmet, dédiée aux résidences étudiantes, aux parties communes et aux copropriétés à fort renouvellement locatif, s’active à l’aide d’un badge.

Thierry Gindro tient un discours différent : « Le smartphone est un couteau suisse qui fera office de terminal mais aussi de badge, bien que l’échéance soit difficile à déterminer. Les nouvelles générations ne voudront pas d’un badge. On peut même aller plus loin : pourquoi un interphone au pied de l’immeuble quand on possède un smartphone ? » Soone anticipe sa disparition en diversifiant ses activités à l’aide de la porte motorisée SooneDoor et de la boîte aux lettres connectée SooneBox (comme font Decayeux et Renz). Il est vrai que la menace pointe : l’application mobile Bonjour+ dématérialise l’interphone grâce à un QR Code à poser sur la boîte aux lettres). Marginal pour le moment, mais les révolutions du numérique peuvent aller très vite.

Frédéric Monflier

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