Prévention anti-Covid : à l’épreuve du monde d’après

Le sans contact rebat les cartes dans le secteur du contrôle d'accès y compris résidentiel. Le berlinois DoorBird propose déjà une platine à détection de geste qui déclenche une sonnerie ou l'ouverture de la porte.

La pandémie a mobilisé les entreprises qui peuvent contribuer par leurs technologies à améliorer la protection des personnes dans un environnement qui reste problématique sinon dangereux. Les opportunités d’affaires sont nombreuses mais elles nécessitent des approches mesurées d’autant que le contexte économique continue de se dégrader.

La rentrée est une mise à l’épreuve pour tous alors que le niveau de la menace remonte dans un environnement économique totalement incertain. Pour les entreprises, les commerces et tous les lieux recevant du public, il s’agit de maintenir les activités tout en rassurant et en prenant toutes les dispositions de sécurité qu’il est possible de mettre en œuvre. Car au-delà du port du masque, de la mise à disposition de désinfectant, de l’érection des parois de plexiglass aux caisses des supermarchés et dans les bureaux décloisonnés, toutes les entreprises doivent se doter de tous les nouveaux moyens d’action possibles. Pour cela, il faut être en mesure d’informer de façon réactive, de mesurer la foule, de détecter les personnes à risque, d’assister par l’automatisme de certains gestes barrières, de multiplier les actionneurs sans contact, d’industrialiser les procédures de désinfection, etc…

Audit et dialogue

Dans les conditions actuelles, l’approche commerciale des prospects est particulière : les entreprises et les établissements recevant du public sont en demande mais les conditions économiques sont tellement dégradées et incertaines que nombre de clients potentiels n’ont pas les moyens d’engager des dépenses dont le retour sur investissement est pour le moins difficile à évaluer. Il faut donc envisager la situation non pas comme un moyen de faire du chiffre à tout prix mais plutôt comme un accompagnement afin de faire évoluer les dispositifs existants, si évidemment ils existent. C’est le cas en particulier de la vidéosurveillance intérieure et de l’affichage dynamique qui peuvent avoir un potentiel d’évolution leur permettant de remplir de nouvelles tâches de détection et d’information en rapport avec la situation. Il est donc nécessaire pour l’installateur/ intégrateur de s’enquérir auprès de ses fournisseurs et plus précisément des fabricants de matériels, des caractéristiques des matériels ou plus certainement des logiciels permettant d’intégrer rapidement et sans investissement majeur de nouvelles fonctionnalités.

Il convient de bien connaître la règlementation qui peut limiter voire interdire certaines pratiques. Photo : AdobeStock

Réglementation

Un autre préalable est de bien connaître les réglementations qui peuvent limiter ou même interdire certaines pratiques. C’est le cas en particulier des caméras installées dans l’espace public mais aussi dans les enceintes des entreprises, commerces et autres établissements de type ERP, domaine de compétence de la Commission Nationale de l’informatique et des libertés. Celle-ci rappelle que les dispositions habituelles concernant les respects des droits des personnes et de leurs données sont toujours d’actualité, que les systèmes vidéo dits intelligents ne sont toujours pas réglementés ni vraiment évalués, que la reconnaissance faciale, fortement contestée, n’est pas autorisée sauf pour des tests très encadrés et que la détection infrarouge d’un état fiévreux est inefficace en présence de sujets dits asymptomatiques mais potentiellement contagieux. Les contraintes sont donc nombreuses et limitent sérieusement l’exploitation des images.

Détourner l’existant

Avant d’aller plus loin dans la détection des personnes à risque, il vaut mieux s’intéresser d’abord à ce qu’il est possible de faire dès à présent. Les fonctions de décompte pour évaluer le nombre de personnes entrant dans un local, constituant une file d’attente ou un attroupement devant un dispositif commercial ou un écran diffusant un message promotionnel par exemple, existent déjà et peuvent être adaptées à la situation de crise sanitaire. Une simple image en direct peut déjà permettre à un observateur d’estimer sinon un flux du moins un niveau de fréquentation instantané et donc de promiscuité. Un système de comptage intégré sera assurément plus efficace surtout s’il est en capacité d’envoyer des notifications aux personnes en charge de la sécurité. La densité des caméras en fonction de la géométrie du lieu à protéger, comme la capacité de traitement et d’analyse d’images embarquée dans le serveur sont évidemment des paramètres décisifs pour évaluer l’efficacité d’un dispositif et sa capacité à intégrer ces nouvelles fonctions.

Philips PDS a impliqué ses partenaires, notamment Bosch, pour proposer rapidement une solution de distanciation physique efficace. Photo : Philips PDS

Couplage technique

L’affichage dynamique à l’entrée d’un espace ou même installé dans des endroits jugés stratégiques d’un point de vue commercial ou autre peut par définition intégrer rapidement de nouveaux contenus. On le voit dans les pharmacies où la promotion de produits, l’information météo, peut faire de la place aux mises en gardes sanitaires. Dans la foulée, les appels à porter le masque, à tenir ses distances, à se laver les mains ont progressivement envahi tous les écrans d’information au point que ces interpellations passent de plus en plus inaperçues aux yeux d’insouciants ou de réfractaires aux consignes.

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L’affichage dynamique proactif peut donc se révéler plus impactant en cas de nécessité. Si la détection par caméra d’un niveau de température élevée n’est pas encore à l’ordre du jour, sauf dans les gares et aéroports, l’absence de masque révélée par un capteur déclenchant un rappel visuel impératif sur écran peut se révéler assez efficace dans les endroits où la protection faciale est obligatoire. Là encore, un technicien averti pourra déterminer si les équipements existants – caméra de surveillance, écran vidéo, serveur – sont adaptés et suffisants pour accomplir cette tâche.

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Contrôle d’accès

L’intégration de la détection de fièvre et d’absence de masque et de la distribution de désinfectant en sans contact dans un totem connecté au contrôle d’accès d’un lieu est malheureusement dans l’air du temps. Même si elles peuvent être supportées par des équipements préexistants, les deux premières fonctions réunies dans un dispositif fixe posé au sol, pouvant aussi intégrer un distributeur de gel à détection de proximité, peut constituer une solution pérenne et discrète puisque leur taille réduite réduit leur champ d’investigation à une seule personne et permet son couplage physique à une barrière automatique s’ouvrant généralement par… contact NFC…


La suite de cet article, qui fait partie d’un dossier consacré à la prévention anti-Covid, est réservée à nos abonnés. Ce dossier est à lire dans SMART INTEGRATIONS MAG N°42 (daté septembre/octobre 2020). Profitez en pour vous abonner.