« Nous ne parlons plus de vidéosurveillance mais de Smart Vidéo », Raymond Ho, WD

Raymond Ho est responsable commercial chez Western Digital et l’interlocuteur des revendeurs et intégrateurs pour la France mais aussi pour l’Espagne et le Portugal. Photo DR

Western Digital (WD) est le premier fabricant de disques durs. Dans son catalogue, les solutions de stockage pour la vidéosurveillance figurent en bonne place. Raymond Ho, senior sales manager de Western Digital France nous apporte son éclairage sur l’évolution de ce segment de marché.

Une première question liée au contexte économique, comment WD a traversé la crise sanitaire ?

L’explosion du télétravail a généré une très forte demande que ce soit en disques durs pour upgrader les ordinateurs portables, voire pour les ordinateurs de bureau, ou en disques durs externes pour le stockage. Par ailleurs, d’une manière générale, les services cloud ont été très sollicités, ce qui a eu pour conséquence de générer des besoins supplémentaires en capacité de stockage chez les grands fournisseurs de ce type de services. Dans l’ensemble, nous avons donc plutôt bien traversé cette crise, même si, quelques tensions sur la disponibilité de certains composants et matières premières ont quelque peu freiné la production.

Quelle est l’offre de WD aujourd’hui ?

Grâce à son savoir-faire et à ses innovations, mais aussi, grâce à l’acquisition de la division disques durs d’Hitachi et de celle de SanDisk, WD est à même de proposer un mix produits répondant à l’ensemble de la demande du marché : disques durs mécaniques, disques SSD, mémoire flash, carte SD, micro SD, clés USB… Et ce, aussi bien dans le domaine professionnel que celui du grand public. Les solutions de stockage se cachent partout ou presque. Bien souvent, nous en utilisons sans le savoir, comme dans les box des FAI ou encore dans notre voiture où l’on trouve des cartes SD, micro SD ou équivalent.

La vidéosurveillance est un marché qui compte pour vous ?

Aujourd’hui, nous ne parlons plus de vidéosurveillance mais de Smart Vidéo, non seulement pour des raisons de sémantique, pour gommer le sens négatif attaché à ce mot, mais surtout pour dire qu’il ne s’agit plus seulement de filmer mais aussi de faire des analyses et mettre en œuvre de l’IA. A partir de la caméra, nous pouvons effectuer de la reconnaissance faciale, analyser le comportement d’un groupe d’individus, faire des prédictions d’évènements, etc. D’où le côté « Smart ». L’intelligence est présente dès la captation des images. L’analyse qu’il y a derrière nécessite évidemment du stockage, qu’il soit sur la caméra (Edge) ou qu’il soit déporté sur un serveur où l’on fait du stockage et/ou de l’analyse en temps réel.

C’est un segment de marché « métier » que nous avons pris à bras le corps avec notre gamme Purple.  Les besoins en capacité de stockage sont liés à la résolution des images des caméras et aux besoins de ressources en matière d’analyse. Le stockage s’adapte à ses évolutions. Il y a, à peine 5 ans, nous n’avions que peu de produits dits « embarqués ». A l’époque, c’était un domaine encore en plein développement avec les cartes SD pour les caméras. Aujourd’hui, nous disposons de cartes capables de suivre les vitesses de calculs très élevées des caméras, avec davantage de contenances. Derrière, il faut bien sûr des disques durs affichant des taux de transfert en conséquence pour pouvoir enregistrer de manière continue, sans saccades. Ce sont là les spécifications premières de la gamme Purple et notamment Purple Pro pour aller encore plus loin en termes de fiabilité.

Quelles relations entretenez-vous avec les fabricants de caméras ?

Nous communiquons beaucoup avec les fabricants, ce sont eux qui nous permettent de modifier et de faire évoluer les spécifications de nos solutions de stockage par rapport aux évolutions technologiques des caméras et des enregistreurs. Plus les capteurs et les analyses vidéo seront sophistiqués, plus nous aurons besoin de capacités de stockage importantes. Vous avez remarqué l’évolution de notre gamme Purple Pro. La fiabilité et les capacités élevées de ces disques — jusqu’à 18 To — permettent aujourd’hui de conserver des milliers d’heures de vidéos précieuses pour l’apprentissage automatique et le développement d’algorithmes d’IA. C’est aussi un produit qui est garanti 5 ans contre 3 ans auparavant et dont les qualités et les performances se rapprochent de celles d’un serveur de data center.