Smart Building et audiovisuel : les défis complexes de l’AV sur IP

L’AV sur IP trouve son intérêt dans de multiples milieux, ici dans un environnement aéroportuaire. Photo : Shutterstock

La distribution des signaux audio-vidéo numériques sur les réseaux IP d’entreprises devient un sujet de plus en plus critique avec la mutualisation des infrastructures permettant l’exploitation croisée des données pour déployer de nouveaux services.

Depuis longtemps, les signaux audiovisuels sont suspectés par certains d’être de potentiels perturbateurs des réseaux numériques d’entreprise d’où l’habitude bien installée de séparer et transmettre l’IT de l’AV dans des infrastructures strictement séparées. Cette distinction physique est encore défendue par de nombreux responsables de service informatique qui n’ont par ailleurs pas souvent la main sur l’utilisation des équipements audiovisuels. La situation se perpétue encore dans beaucoup de programmes de construction d’immeubles tertiaires dans lesquels les lots nécessitant l’établissement de réseaux demeurent séparés et exécutés par des entreprises distinctes sans coordination globale en amont.

LIRE AUSSI Atlona et NETGEAR s’associent pour simplifier les déploiements AV sur IP

Ainsi, par manque de vision d’ensemble ou par volonté de préserver des prérogatives techniques, on se retrouve dans des situations ubuesques où se multiplient les infrastructures incompatibles pour lesquelles la supervision devient un cauchemar technologique digne d’une salle de contrôle de centrale nucléaire soviétique. Exemple donné par un intervenant sur le dossier du Couvent des Jacobins, centre de congrès de Rennes Métropole, dont l’extension (3 auditoriums, 25 salles de réunion) a été livrée en 2018 et qui ne compte pas moins de 34 réseaux distincts (incluant évidemment ceux imposés par le statut d’ERP).

Relever le défi

La Smart Buildings Alliance qui fédère près de 600 membres en France et œuvre pour la mutualisation des réseaux et le partage des données pour développer des services innovants au profit des utilisateurs et gestionnaires d’immeuble, se devait de prendre en considération le sujet de la transmission des services audiovisuels dans les infrastructures IP partagées. Pour ce faire, elle s’est rapprochée de l’AV Users Club, une association regroupant des entreprises et utilisateurs professionnels d’équipement audio et vidéo, et des fabricants de matériels. Le but de cette structure est d’échanger sur les pratiques et les technologies, ce qui immanquablement, a poussé l’association à s’intéresser à la transmission des signaux dans les infrastructures fixes des bâtiments de tous types.

Autre exemple de déploiement AV sur IP dans le cadre d’un Smart Building : une proposition ViewSonic dans le secteur de la santé . Photo : ViewSonic

C’est donc un intérêt commun qui a rapproché la SBA et l’AV User Club dans une réflexion qui devrait déboucher à terme sur un référentiel R2S adapté au sujet. Cheville ouvrière du groupe de travail R2S 4 Signage qui se réunit depuis maintenant plusieurs mois, Alain Despiau-Peyralade, consultant expert Smart Building, IoT et multimédia chez EDF et par ailleurs un des responsables du AV Users Club, explique la démarche et, en particulier, le focus sur l’affichage dynamique. « La diffusion d’informations étant l’un des usages prioritaires des équipements déployés dans les bâtiments comme dans la ville, il convenait d’engager une réflexion pour adapter les infrastructures à une communication fluide et efficace en définissant les préalables à une meilleure intégration système ».

Le Smart Affichage

Pour Alain Despiau-Peyralade, la signalétique numérique au sens large est partout, dans l’espace public, les halls d’accueils des gares, des entreprises, des immeubles résidentiels et des hôtels, dans les commerces petits et grands, dans les écoles et les universités, les hôpitaux et les EHPAD. Ces écrans sont visibles de tous, par de petits groupes plus ou moins définis ou par des individualités, et diffusent des messages ciblés ou non en fonction des publics et des circonstances, avec des contenus affichés en plein écran ou composés de différentes zones gérées par un logiciel de composition appliquant des gabarits prédéfinis.

LIRE AUSSI Avec sa gamme DM NVX, Crestron vise le marché de la transition vers l’AV sur IP

De plus, certains écrans installés dans des espaces de formation, d’enseignement, d’attente, etc. peuvent être associés à des périphériques – caméras, enceintes, etc – qui possiblement embarquent des capteurs physiques (détecteur de qualité d’air, de luminosité par exemple) ou des traitements logiciels qui en font des récepteurs capables d’analyser des situations ou des états, de détecter de la présence, d’écouter des sons, de dénombrer des personnes en les caractérisant. Dès lors, on n’est plus devant un simple dispositif d’affichage mais dans un écosystème qui remonte des données de diverses natures pouvant être utilisées pour l’optimisation énergétique, la sécurité sanitaire, la détection d’intrusion, la gestion de l’occupation des salles, etc. L’écran devient une véritable fenêtre ouverte sur le Smart Building.

Évaluation et proposition

Le groupe de réflexion « digital signage » piloté par Alain Despiau-Peyralade et qui réunit donc les compétences de l’AV Users Club et de la SBA s’est mis au travail, prenant en compte les éléments clés du dispositif : applications, écrans, outils de composition et évidemment le réseau. « Nous détaillons les relations entre les données issues du bâtiment et leur transmission vers l’écran d’affichage dynamique, en convenant de définir le pré câblage nécessaire et les protocoles de communication adaptés à la signalisation dans le Smart Building (unicast, multicast, VPN). Nous étudions également comment cela s’intègre dans le Building Information System (BIS) et comment les données recueillies sont traitées dans le Building Operating System (BOS) pour être finalement organisées par l’outil de composition et affichées en tant que message »…


La suite de cet article, qui fait partie d’un dossier consacré au Smart Building et à l’AV sur IP, est réservée à nos abonnés. Il est à lire dans SIM N°52 daté mai-juin 2022.

Profitez-en pour  vous abonner !