Sylvie Bergeret, gérante de Bergeret Diffusion : « L’antenne représente encore 2/3 de notre chiffre d’affaires »

Sylvie Bergeret, gérante de Bergeret Diffusion, importateur et grossiste en courant faible implanté depuis 1989 à Seichamps à proximité de Nancy (Meurthe-et-Moselle), affiche un certain optimisme quant à l’avenir de son métier. Elle nous explique pourquoi.

SIM : Au fil du temps, vous avez étoffé votre catalogue. Parmi les familles « produits » que vous distribuez, y-en-a-t-il une qui se détache en termes de dynamique de marché ?

SYLVIE BERGERET : Le marché du courant faible regroupe plusieurs segments : l’antenne, la vidéosurveillance, le contrôle d’accès, l’anti-intrusion, l’alarme et la domotique en constituent les grandes familles « produits ». Après « l’antenne », notre métier historique, nous avons intégré à notre catalogue la vidéosurveillance et l’anti-intrusion il y a une dizaine d’années. Nous observons que depuis deux ans, ce segment s’est fortement développé, principalement la vidéosurveillance, dopée par la montée de l’insécurité et plus récemment le risque terroriste. Cette évolution du marché est, si l’on peut dire, arrivée au moment opportun pour consolider notre chiffre d’affaires à une période où le marché de l’antenne stagnait, hormis le pic du passage au tout HD en 2016. Aujourd’hui, le segment vidéosurveillance, anti-intrusion/alarme et domotique représente environ 1/3 de notre chiffre d’affaires. Il y a 10 ans cette proportion atteignait à peine 5%. Les marges sont raisonnables, en tout cas plus importantes que sur le segment de l’antenne [produits finis]. De surcroît, c’est un domaine d’activité qui demande de la technicité que nos revendeurs/installateurs peuvent valoriser. La vidéoprotection et l’anti-intrusion sont désormais orientés vers l’IP et donc vers l’informatique et le réseau. De fait, nous avons dû faire monter en compétence nos clients.

Quelle est la typologie de votre clientèle et quelles sont, pour vous, les contraintes du marché de la vidéosurveillance ?

Notre clientèle est constituée d’antennistes qui ne vendent pas de « brun/blanc » et de revendeurs en magasin « brun / blanc » qui vendent de l’antenne. Nous avons fait évoluer nos revendeurs / installateurs antennistes qui désormais réalisent de plus en plus d’installations de vidéosurveillance et d’anti-intrusion, sur une base de formation et d’encadrement technique que nous assurons. Mais, notre véritable défi concerne les achats de produits. Il nous faut prendre en compte le critère « prix », bien évidemment, mais également l’évolutivité technique des produits. Je m’explique, il faut savoir que les produits et solutions de vidéosurveillance évoluent très vite, quasiment tous les mois, plus rapidement que les produits informatiques, c’est dire ! Concrètement, la rapidité de ces évolutions techniques nous oblige à une veille constante afin de disposer en permanence du meilleur produit au meilleur prix. La technicité augmentant et leur prix chutant rapidement, les produits deviennent très vite obsolètes. Conclusion, impossible de les stocker au-delà de quelques semaines si on ne veut pas prendre de risques. Disposer de suite des bons produits en termes de rapport qualité/prix demande une gestion de stock pointue dont vous imaginez la difficulté. A noter, a contrario, que les prix des produits d’alarme, eux, sont plus « stables », leur évolution est beaucoup plus lente.

Siège de Bergeret Diffusion à Seichamps à proximité de Nancy (Meurthe-et-Moselle)

Le marché de l’antenne reste-t-il porteur et quel en est l’avenir ?

Oui assurément ! ce marché reste important pour nous. Il représente environ 70% de notre chiffre d’affaires. C’est essentiellement un marché d’entretien sensible aujourd’hui aux effets 4 G, demain aux réaménagements de fréquences puis de la 5 G puisque l’on descendra de 12 canaux ! Il faudra recommencer ce que l’on a fait pour la 4G, c’est-à-dire disposer d’antennes taillées 21 x 60 sur la LTE, idem pour les amplis et les réjecteurs. Cela nécessitera, sur certaines zones, des remplacements d’antennes, même si l’ANFR assure qu’il y aura surtout de la main d’œuvre et pas nécessairement de changement de matériel. Par ailleurs, nous vendons toujours des râteaux et des amplis destinés à un marché d’entretien. La fibre, l’ADSL, internet ne nous aident pas bien sûr, cependant, plusieurs situations nous sont favorables. C’est notamment le cas quand un utilisateur est situé en zone limite, ce dernier revient souvent à l’antenne, ou quand avec internet se pose le problème de la duplication de prises dans la maison, ou encore quand la demande de Wi-Fi du foyer ne favorise pas, surtout dans les heures de pointes, la réception de la télévision. Deux cas de figure s’observent, soit l’usager revient à l’antenne râteau s’il se trouve dans une zone disposant d’une bonne couverture TNT sinon il se tourne vers le satellite. En revanche, si la fréquence destinée à la téléphonie 5G est utilisée pour diffuser les programmes TV, dans ce cas, l’avenir de l’antenne râteau sera plus difficile à envisager… www.bergeret-diffusion.fr

Rare femme à diriger une entreprise du secteur du courant faible, Sylvie Bergeret a repris l’entreprise familiale en 1989 après l’obtention d’un BTS en gestion des entreprises. Elle a fortement développé les activités commerciales et élargi à la fois la gamme produits et le secteur géographique.

Propos recueillis par Patrice de Goy

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