Matinées de l’Intégration – Smart Building : l’heure de la convergence

De gauche à droite : Philippe Remion, président de TEOS Solutions, Jérôme Lhote, directeur général délégué Europe de Distech Controls, et Antoine Debienne, fondateur de Synaptik, lors de la première table ronde des Matinées de l’Intégration de Lyon consacrée à la nouvelle génération des bâtiments pilotés. Photo : SIM/BR

L’ouverture des systèmes, la maîtrise des données et la cybersécurité deviennent des enjeux centraux du Smart Building. À Lyon, les Matinées de l’Intégration, organisées par Smart Intégrations Mag, ont réuni plusieurs experts pour décrypter les évolutions à l’œuvre dans les bâtiments tertiaires de demain.

La première table ronde des Matinées de l’Intégration organisées à Lyon le 12 mars dernier s’est intéressée à l’évolution des bâtiments pilotés et à la convergence croissante entre GTB, audiovisuel et systèmes informatiques. Animés par Antoine Debienne (Synaptik), les échanges ont réuni Jérôme Lhote, directeur général délégué Europe de Distech Controls, et Philippe Remion, président de TEOS Solutions.

Longtemps organisés en silos, les systèmes techniques du bâtiment convergent désormais vers des architectures ouvertes reposant sur les standards IP. Une évolution qui modifie en profondeur la conception des projets tertiaires et le rôle des intégrateurs.

Pour Jérôme Lhote, cette transformation s’inscrit dans une trajectoire engagée depuis plusieurs années. Historiquement spécialisée dans la GTB, Distech Controls a progressivement fait évoluer ses solutions vers des architectures nativement IP capables de dialoguer avec l’ensemble de l’écosystème numérique du bâtiment. L’objectif : rendre les données accessibles et exploitables par d’autres applications, tout en conservant les fonctions essentielles de pilotage des équipements techniques.

Un socle technique devenu stratégique

Au cœur des échanges, une conviction commune s’est dégagée : aucune couche de services ou de supervision ne peut être déployée efficacement sans un socle technique robuste. Interopérabilité, cybersécurité, gestion des mises à jour logicielles, maintenance des équipements connectés ou encore administration des réseaux sont désormais des composantes à part entière des projets Smart Building.

Les intervenants ont notamment souligné l’importance croissante des directions des systèmes d’information (DSI), devenues des acteurs incontournables des projets tertiaires. Là où les réseaux audiovisuels, GTB ou contrôle d’accès étaient autrefois séparés, les infrastructures convergent aujourd’hui vers des architectures mutualisées nécessitant des exigences de sécurité comparables à celles du monde informatique traditionnel. Cette évolution impose aux fabricants comme aux intégrateurs d’intégrer des mécanismes avancés d’authentification, de gestion des certificats et de sécurisation des communications.

Au-delà des tables rondes, la Matinée de l’Intégration a constitué un moment privilégié de dialogue entre acteurs du Smart Building, de l’audiovisuel, des réseaux et de la GTB. Photo : SIM/BR

Le métier d’intégrateur change de dimension

L’un des enseignements majeurs de la table ronde concerne l’évolution du métier d’intégrateur. Selon Jérôme Lhote, les outils de configuration, de supervision et d’automatisation permettent désormais de réduire le temps consacré aux tâches répétitives de mise en service. Cette évolution ouvre la voie à des prestations davantage orientées vers la valorisation des données, l’interconnexion des systèmes et la création de nouveaux services.

Une analyse partagée par Philippe Remion. Depuis son indépendance vis-à-vis de Sony, TEOS a poursuivi le développement de sa plateforme de gestion des espaces et de supervision des équipements audiovisuels. Compatible avec de multiples constructeurs et environnements logiciels, la solution illustre cette convergence entre exploitation des espaces, audiovisuel, informatique et bâtiment connecté.

L’intervenant a notamment insisté sur l’importance de l’expérience utilisateur. Réservation de salles, affichage dynamique, statistiques d’occupation, gestion des espaces de travail ou remontée d’indicateurs : autant de services qui reposent désormais sur la capacité des différents systèmes à partager leurs données.

Ouverture et pérennité

Autre sujet récurrent des échanges : la nécessité de privilégier des architectures ouvertes et pérennes. Les deux intervenants ont défendu l’usage d’API documentées, de protocoles standards et de solutions capables de s’intégrer durablement dans des environnements hétérogènes. Une approche qui vise à éviter l’enfermement technologique et à préserver la réversibilité des projets sur le long terme.

Dans un contexte marqué par l’accélération des innovations, l’émergence de nouvelles plateformes logicielles et l’arrivée de l’intelligence artificielle, cette capacité d’ouverture apparaît comme l’un des fondements du Smart Building de demain.

Au terme des échanges, un constat s’est imposé : plus que jamais, la valeur des projets réside dans la capacité à faire dialoguer les systèmes, sécuriser les infrastructures et exploiter les données au service des utilisateurs. Une évolution qui place l’intégrateur au cœur des transformations du bâtiment connecté.

Voir le replay

L’intégralité des échanges est disponible en replay sur la chaîne YouTube de Smart Intégrations Mag. Une occasion d’approfondir les sujets abordés lors de cette table ronde : GTB+, hypervision, cybersécurité, interopérabilité, exploitation des données et évolution des métiers de l’intégration.

Retrouvez la vidéo complète sur notre chaîne YouTube 

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