Alors que les volumes de câbles à fibre optique reculent nettement, le secteur du câble mise sur l’essor des réseaux électriques pour relancer sa dynamique. Tel est le principal enseignement du point presse annuel du Sycabel, tenu le 19 juin dernier.
Le chiffre d’affaires 2024 de la filière, hors câbles sous-marins, recule de 3,1 % pour s’établir à 3,5 milliards d’euros. Un repli largement attribuable au ralentissement du segment télécom, consécutif à la fin du Plan France Très Haut Débit. Les livraisons de câbles à fibre optique enregistrent une baisse de 20 %, atteignant leur plus bas niveau depuis 2015.
À l’inverse, les câbles d’énergie enregistrent une progression de 12 %, portée par la transition énergétique et les besoins de raccordement : data centers, infrastructures industrielles, réseaux intelligents. Le contexte réglementaire joue également un rôle moteur, avec l’entrée en vigueur des euroclasses Cca et B2ca depuis janvier 2025, qui renforcent les exigences de réaction au feu dans les ERP (Établissements Recevant du Public) et IGH (Immeubles de Grande Hauteur).

Source : données sectorielles – représentation graphique Smart Intégrations Mag (2025).
Pour le Sycabel, ces mutations appellent à une mobilisation industrielle. Le syndicat plaide pour des programmes ambitieux de rénovation des réseaux optiques, l’enfouissement des lignes aériennes fragiles, et une meilleure prise en compte des critères environnementaux dans les marchés publics.
La structuration de la filière passe aussi par le lancement de FIERE (Filière Industrielle des Entreprises des Réseaux Électriques), une association cofondée par Enedis, RTE, le SERCE, le GIMELEC et le Sycabel. Ce nouvel outil doit fédérer les acteurs autour des enjeux de souveraineté, de compétitivité et de durabilité.
Alors que RTE et Enedis annoncent respectivement 100 et 96 milliards d’euros d’investissements d’ici 2040, les industriels du câble s’engagent pour leur part à hauteur de 4 milliards. Reste à lever les freins : accès aux matières premières, dumping asiatique, pénurie de compétences. Pour réussir la transition énergétique, le Sycabel en appelle à une stratégie industrielle volontariste, articulée autour d’un triptyque clair : sécuriser, relocaliser, former.



