Habitat social : le numérique à la manoeuvre

Le logement social se modernise : des bâtiments à l’architecture contemporaine et aux performances énergétiques renforcées. Photo : Shutterstock/Zkolra

Alors que s’achèvent aujourd’hui le Congrès de l’USH et H’Expo 2025, un constat s’impose : le numérique est désormais un levier essentiel pour le logement social, de la maîtrise énergétique à l’amélioration des services aux locataires.

Les bailleurs sociaux sont mobilisés depuis longtemps sur le front du numérique, que ce soit pour la construction ou la rénovation des bâtiments, la gestion technique des immeubles au quotidien ou le déploiement de services au bénéfice des résidents locataires. La maîtrise de la consommation des énergies reste cependant le vecteur primordial de l’avancée du numérique, même si ce domaine d’application n’est pas le plus simple ni le moins cher à mettre en œuvre. Les moyens numériques aident effectivement à gérer plus efficacement les ressources énergétiques en surveillant et en optimisant les consommations dans les bâtiments, ce qui, en principe, réduit les coûts et donc les charges, sans oublier l’empreinte carbone. Une gestion efficace de l’énergie peut en réduire la consommation jusqu’à 20 %, mais cette performance implique des préalables : une enveloppe extérieure efficace, répondant aux spécifications RT2012 et désormais RE2020 pour le neuf, et une opération d’ITE (isolation thermique par l’extérieur) pour les rénovations.

Une fois ces travaux faits dans l’ancien, il faut généralement les compléter par une modernisation du système de chauffage, qui peut s’accompagner d’une intervention sur la production d’eau chaude sanitaire et, si la structure s’y prête, d’une autre sur la circulation de l’air, voire la surveillance de sa qualité et son rafraîchissement.

Quand le numérique prend le relais

À ce niveau de complexité, l’automatisation et la digitalisation des processus de pilotage deviennent une nécessité. Elles permettent aussi de prendre en compte la mesure des conditions météorologiques et d’autres facteurs qui influent sur la gestion énergétique, comme la collecte des données internes aux bâtiments, en parties communes, voire en parties privatives pour une installation de chauffage collective dans laquelle on désire facturer à la consommation réelle. Si la pose de moyens de contrôle et d’action (thermostat d’appartement ou robinets thermostatiques) est impossible, l’affichage des performances sur une application permettra d’inciter à l’action pour modérer la température.

L’information directe des résidents locataires sur mobile est une première étape qui peut aller beaucoup plus loin si l’immeuble, plutôt récent, dispose d’un système d’information centralisé utilisant par exemple le câblage du vidéophone ou une infrastructure R2S. Par ce biais ou celui du smartphone, le bailleur peut diffuser des informations collectivement ou individuellement, modérer un réseau social d’immeuble, pousser des données pratiques – dates de maintenance d’ascenseur, vie de quartier, etc. Ces moyens ont à l’évidence une incidence sur le fonctionnement de l’immeuble, en termes de relations humaines mais aussi d’un point de vue technique pour signaler des anomalies, sachant que le bailleur utilisera cette même infrastructure, câblée ou mixte IoT, pour surveiller les installations collectives, suivre les interventions des prestataires techniques et améliorer les services rendus grâce à une bonne maintenance prédictive.

Le logement social n’est pas en retard, loin de là, par rapport aux bailleurs privés, ni vis-à-vis de la promotion immobilière qui, souvent, régresse en termes d’offre d’automatisation dans les logements en VEFA.


Le dossier du n°72 de Smart Intégrations Mag met en lumière, à travers deux exemples concrets, le dynamisme numérique des bailleurs sociaux.

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