Le bâtiment connecté s’affirme comme un terrain d’innovation, porté par l’essor des plateformes de supervision. Issues de la convergence entre GTB, IoT et BIM, ces solutions unifient les données techniques, énergétiques ou sécuritaires pour les transformer en usages opérationnels.
Longtemps cloisonnés, les systèmes de gestion du bâtiment – CVC, éclairage, contrôle d’accès, vidéosurveillance ou comptage énergétique – évoluent désormais vers des architectures plus ouvertes. Dans ce contexte, des acteurs comme Trigrr, SpinalCom, Kheox, mais aussi Switch Made ou encore Hubware, s’inscrivent, à des degrés différents, dans une logique de transparence des données et d’interopérabilité. Leurs plateformes ou briques logicielles reposent sur des standards ouverts (BACnet, Modbus, KNX, MQTT, REST API…) et des approches orientées service, facilitant le travail des intégrateurs et des exploitants tout en préparant l’évolution des systèmes dans le temps.
La donnée comme socle
Cette nouvelle vague de solutions se distingue par sa capacité à agréger, normaliser et contextualiser les données issues de systèmes hétérogènes. L’objectif n’est plus seulement de centraliser l’information, mais de la rendre exploitable pour les différents métiers du bâtiment. Les plateformes deviennent ainsi des couches d’abstraction entre les équipements terrain et les applications métiers, limitant la dépendance aux architectures propriétaires.
– Trigrr, par exemple, s’inscrit dans les principes du Building Operating System (BOS) et vise à proposer une approche no-code accessible aux intégrateurs comme aux exploitants. Son interface permet de créer tableaux de bord, logiques de supervision et scénarios multi-systèmes sans développement spécifique, au travers de connecteurs ouverts fédérant les données issues de multiples équipements.
– SpinalCom se positionne avant tout sur une dimension sémantique et structurelle de la donnée. Son jumeau numérique agit comme un hub intelligent, fédérant les flux issus des systèmes connectés du bâtiment. Cette approche a vocation à enrichir les données contextuellement (localisation, typologie d’équipement, conditions d’exploitation) et à alimenter des applications tierces, notamment d’analyse énergétique ou de maintenance prédictive.
– De son côté, Kheox développe une approche intégrée du BOS, pensée comme un socle logiciel unifié combinant gestion énergétique, analytique et maintenance. Cette architecture vise à structurer les interactions entre GTB, IoT, sécurité et confort au sein d’un même environnement, avec pour objectif de simplifier l’exploitation et de garantir la scalabilité des projets sur le long terme.
Le rôle de l’intégrateur renforcé
Le marché s’organise ainsi autour d’une vision commune : rendre la donnée accessible et actionnable. Cette approche répond à plusieurs enjeux : optimisation énergétique, simplification de la maintenance, amélioration du confort utilisateur et valorisation du patrimoine immobilier. Les maîtres d’ouvrage et exploitants, confrontés à la multiplication des équipements connectés, cherchent désormais des interfaces unifiées capables d’agréger l’information plutôt que d’ajouter des couches de complexité.
Au-delà des aspects techniques, la réflexion porte également sur le coût global des projets. Si ces plateformes ne visent pas nécessairement à réduire les investissements initiaux, elles entendent limiter les coûts d’exploitation, d’évolution et de maintenance sur la durée. Dans ce schéma, les intégrateurs voient leur rôle renforcé : il leur revient d’orchestrer la donnée, de configurer les interactions entre systèmes et de garantir la pérennité des installations dans des environnements de plus en plus ouverts.
Supervision : nouveaux périmètres
La supervision bâtimentaire dépasse désormais les fonctions techniques traditionnelles. Les plateformes intègrent des usages transversaux, du pilotage audiovisuel à la sécurité électronique, en s’appuyant sur la corrélation des événements et l’automatisation des scénarios. Cette convergence repose sur des infrastructures réseau de plus en plus performantes, du multi-gigabit Ethernet au GPON, et confirme la transformation du bâtiment en un environnement globalement orchestré par la donnée.



