Plateforme cloud, IoT, IA… Les incarnations du numérique prennent le pouvoir dans le bâtiment pour simplifier les métiers, fluidifier les processus et réduire la facture énergétique. S’il fallait encore le préciser, le terme Smart Building souligne l’imbrication croissante des technologies numériques et du bâtiment, dont l’un des objectifs prioritaires est d’optimiser l’efficacité énergétique. Le cloud, l’Intelligence Artificielle et l’Internet des objets (IoT), gagnant chaque jour en accessibilité, en puissance et en polyvalence ont l’avantage de s’adapter aussi bien aux grandes structures qu’aux petits établissements, assouplissant d’un côté la Gestion Technique du Bâtiment (GTB) existante, offrant de l’autre côté des perspectives d’économies d’énergie sur la base d’un équipement minimal et d’un budget raisonnable. Le numérique a aussi cette force de stimuler l’émergence de start-ups aux idées neuves et d’inciter des filières historiques à renouveler leurs pratiques et leurs métiers. Les problématiques de cybersécurité et le chamboulement des modèles économiques ont de quoi inquiéter, à juste titre. Mais au final, tous les acteurs pourront extraire de la valeur des données produites par le bâtiment.
Un accès simplifié à des données centralisées
Si les automatismes programmables puis la micro-informatique ont tour à tour révolutionné la régulation et la gestion technique de l’énergie dans les années 70 et 80, l’expansion d’internet et de tout ce qui s’y rattache de près ou de loin (IP, cloud, mobilité) a probablement un impact encore supérieur sur la plupart des métiers, au premier chef sur les aspects pratiques. « Un simple applicatif et un navigateur web suffisent désormais à accéder à la GTB, alors qu’à l’époque il fallait un PC, une licence dédiée, sans oublier que l’administration distante s’effectuait au travers du réseau téléphonique » se rappelle Jean-Marc Le Bourgeois, directeur commercial et marketing de Cap Technologie. L’intégration croissante et les progrès techniques ont contribué à une certaine convivialité. Un automate/contrôleur un tantinet évolué possède aujourd’hui son propre serveur web. Il communique localement, via un simple réseau Wi-Fi parfois, avec un logiciel de supervision ou, à distance, avec une plateforme d’hypervision. C’est un schéma que l’on retrouve chez la plupart des équipementiers, dont Delta Dore. « L’interface web intégrée est suffisante quand il s’agit de superviser quelques bâtiments, explique Stéphane Pineau, responsable Innovation du pôle Bâtiment connecté chez Delta Dore. Quand le parc compte des centaines de bâtiments, cas typique des chaînes de magasin, le gestionnaire s’abonne à notre hyperviseur cloud Powerbat, qui lui permet d’analyser les données, d’observer des comportements, d’identifier des dérives, de comparer les performances d’un site à l’autre… » [caption id="attachment_11025" align="alignleft" width="280"]
Le service Advizeo se base sur une application mobile et des capteurs et sondes Lora/Sigfox, élaborés par Sensing Labs.[/caption]
Centraliser l’ensemble des données utiles demeure toutefois le principal enjeu du bâtiment connecté. « Les web services que nous proposons en local ou dans le cloud sont un moyen d’ouverture qui se démocratise » précise Stéphane Pineau. Avec les APIs (ou interface programmable), ce sont les outils dont la Smart Building Alliance fait la promotion dans son référentiel Ready2Services, afin de favoriser l’interopérabilité de tous les écosystèmes. Au niveau matériel sous-jacent, l’IP est annoncée comme l’infrastructure universelle collectant toutes les données. C’est une tendance lourde. « Notre dernier contrôleur DB-70, natif IP, facilite de fait l’interconnexion, poursuit Stéphane Pineau. Il illustre la transition vers le tout IP. » Mais les bus de terrain comme Lonworks ou BACnet, éprouvés dans le « gros » tertiaire, ne manquent pas d’arguments et font de la résistance.




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