Réseaux sans fil : une étude prospective de l’Arcep éclaire les choix à venir

Photo : Shutterstock / ImagineDesign

Selon une étude commandée par l’Arcep, la croissance des usages sans fil pourrait exiger des milliers de nouveaux sites mobiles d’ici 2035. L’apport du haut de la bande 6 GHz apparaît déterminant pour limiter cette densification, même si des incertitudes demeurent, notamment sur l’impact environnemental.

L’Arcep a rendu publics, en septembre 2025, les résultats d’une étude confiée au cabinet Analysys Mason sur l’évolution des usages des réseaux sans fil et leurs conséquences sur le dimensionnement des infrastructures. Objectif : anticiper les risques de congestion et mesurer l’apport potentiel de nouvelles ressources spectrales, en particulier le haut de la bande 6 GHz (6425-7125 MHz).

L’analyse se fonde sur quatre scénarios d’usages – de la sobriété numérique à des situations de « numérisation accrue » ou « usages disruptifs » – intégrant navigation web, streaming, communication temps réel, XR/VR, véhicules connectés ou robotique. Côté réseaux, plusieurs trajectoires sont modélisées : maintien du spectre actuel, optimisation par refarming, mutualisation, ajout de nouvelles bandes, avec ou sans 6 GHz.

Les résultats mettent en évidence un contraste marqué : dans les scénarios de forte croissance, le nombre de nouveaux sites mobiles nécessaires grimperait fortement, jusqu’à plusieurs milliers par opérateur d’ici 2035. L’intégration du haut de la bande 6 GHz réduirait cet effort de plus de moitié, apportant un gain significatif de capacité. L’étude souligne également l’intérêt d’une meilleure optimisation et mutualisation, même si leur mise en œuvre opérationnelle reste complexe.

Le volet environnemental, centré sur l’empreinte carbone par Analyse de Cycle de Vie, révèle que l’essentiel des émissions provient des terminaux (plus de 85 %). L’impact du réseau, bien que plus limité, dépend fortement des choix de spectre et de densification.

Un comité consultatif d’experts, associé aux travaux, a jugé la démarche robuste et utile, tout en appelant à la prudence. Il relève notamment le caractère approximatif des données environnementales, l’absence d’analyse détaillée sur l’usage du Wi-Fi 6 GHz, et la nécessité de mieux expliciter les mécanismes sociotechniques conditionnant les différents scénarios.

Ces résultats, exploratoires, ne préjugent pas des décisions de l’Arcep mais fournissent des éléments concrets pour la gestion future du spectre et la préparation des réseaux à l’horizon 2035.

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