Interview – Laurent Gournier : Bussiness development Manager Healthcare chez Bosch

Laurent Gournier*, Bussiness development Manager Healthcare chez Bosch Security et Highways Referent chez Bosch, est à ce titre en charge du dévelop-pement du marché de la sûreté / sécurité au sein des établis-sements de santé. Il nous livre sa vision de ce marché spécifique.

SIM : Pouvez-vous nous dresser un rapide état des lieux des mesures de sûreté / sécurité prises au sein des établissements hospitaliers ?

Laurent Gournier : La priorité des hôpitaux concerne la sécurité incendie, obligatoire, avec un service dédié et formé. Du contrôle d’accès est aussi présent dans certaines zones à risque comme les services de radiologie et les réserves d’hydrogène. Des zones de circulation peuvent également être régulées par du contrôle d’accès. On trouve aussi un peu de vidéosurveillance aux entrées et à l’intérieur des bâtiments, souvent dans le hall d’entrée, sans que les caméras soient adaptées. Mais ce sont les nurseries qui, depuis des années, bénéficient de la vidéosurveillance en priorité. Dorénavant, en raison du risque terroriste, ces établissements doivent également répondre à certaines normes, règles et préconisations des ministères de la santé et de l’intérieur.

SIM : Qui finance ce surplus d’investissement ?

L.G. : L’Etat a débloqué un budget de 75 millions d’euros sur 3 ans, soit 25 millions d’euros par an, pour aider les établissements publics et privés à s’équiper en matériel de vidéosurveillance et pour sécuriser les accès. En y regardant de près, c’est très peu, car cette enveloppe concerne un total de 2134 établissements (934 publics et 1200 privés). Si on prend l’exemple de la région Auvergne-Rhône-Alpes, cela représente 2 millions d’euros sur 3 ans. Les contraintes budgétaires de plus en plus fortes qui pèsent sur l’hôpital public et l’endettement qui en résulte sont par ailleurs autant de freins pour les investissements.

SIM : Quels systèmes de vidéosurveillance privilégient les hôpitaux ?

L.G. : Beaucoup d’hôpitaux disposent d’un système de vidéosurveillance basique (une caméra et un enregistreur), souvent anciens avec une mauvaise définition restituant des images difficilement exploitables. Il y a donc un marché de renouvellement, qui se traduit bien souvent par une migration de l’analogique vers l’IP. J’observe aussi que les hôpitaux sont séduits par des solutions complètes allant de la prise de vues à l’exploitation (intelligence et stockage) comme le propose Bosch.

Une autre demande concerne l’IVA (intelligence vidéo embarquée), une technologie qui permet de pallier le manque de moyens humains. C’est l’un des points différenciant de l’offre de Bosch. L’IVA dispense de la présence systématique d’un agent de sécurité derrière un écran de contrôle tout en rendant la vidéosurveillance plus performante, plus efficace.

L’envoi d’alertes, notamment, permet une intervention plus rapide. L’IVA intervient également dans la recherche a posteriori. A l’image d’un moteur de recherche, il est possible de rechercher des évènements, en donnant au système plusieurs filtres (jusqu’à huit), par exemple la couleur d’un véhicule, la sortie empruntée, l’heure de passage… En 10 secondes, 2 heures d’enregistrement sont balayées ! Ces filtres peuvent également être utilisés pour déclencher une alarme à l’instant même où l’évènement se produit. Dans un hall d’accueil par exemple, il est possible de faire de la dissociation d’objets (poussette, porte-bébé, sacs…) via une caméra panoramique embarquant de l’IVA.

SIM : Quid de la sécurité des données, un point sensible dans l’univers de la santé ?

L.G. : Un autre atout de Bosch est la sécurité des données, c’est un point déterminant. Toute ouverture vers l’extérieur, même sécurisée, présente un risque. Dans notre système, les caméras embarquent un TPM (Trusted Platform Module), un petit composant passif, qui empêche le piratage par cryptage des communications entre le serveur et la caméra. Les informations concernant les droits d’administration, des administrateurs et les mots de passe sont « enfermés » dans ce composant passif.  Vous ne trouvez pas ces informations sur une couche logicielle ou sur une couche réseau, plus vulnérables, comme c’est le cas pour la plupart des caméras.

Propos recueillis par Patrice de GOY

*Après une formation technique, Laurent Gournier intègre le groupe Philips avant de rejoindre Bosch Security Systems en 2002.

A propos Rédaction 2634 Articles
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