La liquidation judiciaire de MGG Industries entraîne la fermeture du site de Pont-sur-Seine et met un terme au dernier outil industriel associé à l’histoire de Tonna, marque emblématique de la réception TV et de la sécurité résidentielle en France.
Le tribunal de commerce de Troyes a prononcé le 6 juillet la liquidation judiciaire simplifiée de MGG Industries, six mois après son placement en redressement judiciaire. Faute de repreneur, l’usine de Pont-sur-Seine (Aube) a cessé son activité et ses 27 derniers salariés ont perdu leur emploi.
Cette disparition referme un chapitre d’une longue histoire industrielle. Fondée à Reims après la Seconde Guerre mondiale par Marc Tonna et son frère, Tonna Électronique accompagne dès les années 1950 l’essor de la télévision. Spécialisée dans les antennes et les équipements de réception et de distribution TV, l’entreprise devient l’un des acteurs majeurs du secteur en France et emploie jusqu’à 700 personnes. Fondée à Reims après la Seconde Guerre mondiale par Marc Tonna et son frère, Tonna Électronique accompagne dès les années 1950 l’essor de la télévision. Spécialisée dans les antennes et les équipements de réception et de distribution TV, l’entreprise devient l’un des acteurs majeurs du secteur en France et emploie jusqu’à 700 personnes. Ses antennes et ses solutions de filtrage restent d’ailleurs familières à plusieurs générations d’antennistes et d’intégrateurs, qui ont accompagné leur déploiement sur le terrain.
De la télévision à la sécurité
Le développement de Canal+ et du câble ouvre une nouvelle période. Passée sous le contrôle de la chaîne cryptée au milieu des années 1980, Tonna participe notamment à la fabrication de décodeurs et développe des équipements destinés aux réseaux collectifs de télévision.
L’entreprise se diversifie ensuite dans les courants faibles, l’interphonie et le contrôle d’accès. Ses platines de rue en acier inoxydable, largement déployées dans l’habitat collectif, deviennent l’un des produits emblématiques de la marque, qui intégrera également les technologies Vigik.
Une lente érosion industrielle
Mais la transition vers la télévision numérique, la concurrence asiatique et les restructurations successives fragilisent progressivement l’entreprise. La structure historique Tonna Électronique est finalement liquidée en 2018 et ses activités sont morcelées.
Une partie de l’héritage industriel de Tonna perdure à Pont-sur-Seine. L’activité du site, jusque-là exploitée par PSI, est reprise en 2018 par Tonna Access, devenue par la suite Access Group. Confrontée à son tour à des difficultés, celle-ci est placée en procédure collective en 2021, avant que le tribunal de commerce n’arrête la cession de ses activités au profit de MGG Industries, dirigée par Alban Verger.
La liquidation de MGG Industries marque aujourd’hui l’arrêt de cette production. Au-delà des 27 emplois supprimés, elle signe la disparition du dernier outil industriel rattaché à une marque qui aura accompagné pendant plusieurs décennies les grandes mutations de la télévision collective, de l’interphonie et de la sécurité résidentielle en France.
Une histoire qui dépasse Tonna
La disparition progressive de Tonna fait aussi écho aux fragilités d’une partie du tissu industriel français : sous-investissement, difficulté à accompagner les mutations technologiques, concurrence internationale et mouvements de concentration. Le contraste est d’autant plus frappant qu’ailleurs en Europe, plusieurs entreprises historiquement positionnées sur des marchés comparables ont réussi à pérenniser leur outil industriel tout en faisant évoluer leur modèle.
En Espagne, Televés, née en 1958 comme fabricant d’antennes, s’est transformée en groupe technologique spécialisé dans les infrastructures de télécommunications pour les bâtiments et les villes, tout en conservant une importante capacité de production. En Italie, Fracarro, fondée en 1933, a accompagné le passage de l’antenne et de la distribution TV vers la fibre, l’IP et la sécurité, et reste présente à l’international. Autre exemple espagnol, Fermax, créée en 1949, a fait évoluer son métier historique de l’interphonie vers la vidéophonie connectée et le contrôle d’accès ; elle emploie aujourd’hui plus de 500 personnes, dispose de sept filiales internationales et conserve deux centres de production à Valence.
Autant de trajectoires qui montrent qu’une industrie européenne positionnée sur ces marchés peut perdurer à condition de réussir ses transitions technologiques, son internationalisation et la montée en valeur de ses produits.



