Engie-Ubiant : entre divorce et nouveau départ

L'application de contrôle et de pilotage d'Ubiant. Photo : Ubiant

La start-up lyonnaise Ubiant, pionnière de l’Intelligence Artificielle appliquée au Smart Building et précurseur du Building Operating System a été contrainte de se placer en redressement judiciaire. En cause, le désengagement d’Engie.

Fin septembre 2020, le tribunal de commerce de Lyon a prononcé l’ouverture d’une procédure de redressement judiciaire au bénéfice de la société Ubiant, assortie d’une période d’observation de 6 mois lui permettant de construire un plan de continuation. Cette décision fait suite à des dissensions intervenues entre la start-up et le groupe Engie après 5 années de collaboration.

Dans un communiqué, Ubiant a retracé l’historique de cette aventure. En 2015, la start-up s’engage dans le programme « Cercle Vertuoz » initié par Ssinergie (filiale d’Engie Solutions) pour développer la maîtrise énergétique dans les bâtiments, collaboration récompensée en 2016 par le premier prix du Trophée IE-Club pour son exemplarité en matière de relation start-up / grand groupe. Cette proposition technique a permis, selon Ubiant, de gagner des contrats de performance énergétique, notamment avec la ville de Paris portant sur plus de 200 écoles.

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En 2017, Ssinergie a pris une participation au capital d’Ubiant pour mettre en œuvre un partenariat stratégique sur l’AIoT et la performance énergétique qui s’appuyait sur une exclusivité commerciale concédée à Engie et un engagement de prise de contrôle ou de totale acquisition. Les financements prévus n’étant pas au rendez-vous, le programme « Cercle Vertuoz » initié par Ssinergie a été brutalement arrêté en 2018 par la direction du groupe Engie, provoquant un déficit commercial de trois ans chez Ubiant et une perte de caution industrielle et financière commercialement pénalisante. Après deux ans de « statu quo » et une tentative avortée de conciliation au premier semestre 2020, Ubiant n’a pas eu d’autre choix que de demander sa mise en redressement judiciaire.

Pour Emmanuel Olivier, fondateur et président d’Ubiant, cette mésaventure, qui intervient dans un moment particulièrement difficile du point de vue économique, ne signifie pas la fin pour l’entreprise, bien au contraire.

Plan de relance

L’entreprise présente la mesure judiciaire comme une démarche de redressement qui peut d’abord s’appuyer sur des partenaires restés fidèles et lui assurant la continuation de tous les projets en cours. Ubiant veut aussi s’appuyer sur la Loi Pacte qui vise à lever les obstacles à la croissance des entreprises et à aider au passage du statut de start-up à celui d’ETI souvent porteuses d’innovation et fortement créatrices d’emplois. Lors d’une conférence de presse donnée le 13 octobre dédiée au lancement d’offres énergétiques vertes, les représentants d’Engie se sont félicités de soutenir de nombreuses start-ups mais n’ont pas voulu commenter le lâchage d’Ubiant et ne sont d’ailleurs pas revenus vers nous pour donner le point de vue du groupe.

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Ubiant qui réclame par la voix d’Emmanuel Olivier, son CEO, une compensation financière pour l’abandon du programme Cercle Vertuoz, rappelle qu’un audit technique du groupe OnePoint / Weave commandité l’an passé par Engie Digital avait donné la note maximale à sa technologie d’IA sur tous les critères stratégiques évalués. Les dirigeants et personnels de la start-up estiment ensemble que leur entreprise doit pouvoir bénéficier de moyens équivalents à ceux de ses compétiteurs pour pouvoir conserver son avance, contribuer à maintenir la souveraineté française et européenne en matière de traitement des données sensibles et s’assurer de conserver sur le territoire une équipe de docteurs en IA et d’Ingénieurs de haut niveau convoités internationalement.