Pour la plupart déjà à l’œuvre dans les bâtiments, certains dispositifs liés à la sécurité, au Smart Building ou à l’Internet des objets sont réadaptés pour ralentir la propagation de la Covid-19.
Avec l’intensification de la pandémie au printemps, la technologie au sens large a été rapidement convoquée pour livrer bataille contre le virus de manière plus ou moins frontale. Parfois à mauvais escient : l’outil de traçage numérique StopCovid, promu par le gouvernement, n’avait transmis qu’une poignée de notifications plusieurs semaines après sa mise en service. Mais dans le bâtiment et alentours, certains dispositifs peuvent se montrer plus efficaces pour poursuivre cet objectif. Le contrôle d’accès sans contact, par nature plus hygiénique, vient aussitôt à l’esprit car il empêche la transmission d’un virus par le toucher. D’autres systèmes, une fois enrichis de nouvelles fonctions, sont tout aussi pertinents pour maintenir une distanciation physique ou détecter le port d’un masque : analyse d’images, Internet des objets, logiciels de gestion de ressources et d’affichage… Voici un aperçu de leur potentiel anti-viral.
L’analyse d’images pour contenir l’affluence
Dans les surfaces commerciales et autres établissements recevant du public, les caméras de vidéosurveillance, couplées aux algorithmes d’analyse d’images adéquats, produisent des métadonnées supplémentaires, auxquelles certains services (marketing…) peuvent trouver une utilité : comptage, « heatmapping » (affluence cumulative à un endroit donné), classification des personnes en fonction de leur âge, genre, etc. Au moment où la pandémie est apparue, l’idée que ces fonctions puissent être « détournées » a fait son chemin. « Il a été d’abord question de caméras thermiques, mais à partir de la mi-avril, nous avons montré à nos clients des exemples d’applications basés sur le comptage » explique Laurent Scetbon, responsable des activités grands comptes et prescription chez Hikvision France.
Typiquement, la caméra de comptage avec un algorithme légèrement modifié additionne ou soustrait chaque individu entrant ou sortant et déclenche une signalétique (bonhomme rouge ou vert) en fonction du seuil d’affluence préprogrammé. « Plusieurs méthodes sont possibles, détaille Laurent Scetbon. Soit la caméra est autonome et actionne elle-même la signalétique ; soit elle est associée à un boîtier « digital signage » hébergeant une application spécifique ; soit elle transmet ces informations à nos enregistreurs (NVR) ou à notre logiciel de supervision HikCentral. » Dans la dernière hypothèse, la suite des évènements dépendra des scénarios planifiés. Quoi qu’il en soit, ces systèmes sont généralement hybrides : le PC Sécurité a intérêt à connaître le nombre de personnes présentes, tandis que les visiteurs ou clients ne voient que le signal les autorisant à entrer ou non.
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En milieu d’été, le port du masque est devenu une nouvelle problématique à traiter. « Pour ce type de détection, nous avions réalisé des mises à jour de nos caméras dès le mois d’avril, en particulier les modèles d’entrée de gamme AcuSense qui exécutent des algorithmes d’IA simples, indique Laurent Scetbon. La demande a été forte à compter du mois de juillet, quand le masque a été rendu obligatoire dans les surfaces commerciales et lieux publics. Nous avons aussi ajouté cet algorithme à notre caméra de comptage par l’avant DS-2CD6825. La détection fait appel à des réseaux neuronaux. » L’algorithme a été perfectionné avec de multiples exemples représentatifs de la variété des masques aujourd’hui : clairs, sombres, colorés, uniformes ou agrémentés de motifs, etc. « Des faux positifs subsistent, admet Laurent Scetbon. Il faut respecter les abaques : inclinaison, distance, etc. » Preuve supplémentaire que la détection de port de masque se démocratise : deux robots Pepper examinaient les visiteurs à l’entrée du Sido, salon lyonnais qui s’est tenu début septembre, et vérifiaient la présence des masques.
La caméra DS-2CD6825 de Hikvision bénéficiant de deux objectifs placés sur un même plan, elle a l’avantage de pouvoir apprécier la troisième dimension dans une image. Une caractéristique qui a été mise à profit pour mesurer la distanciation sociale. « Cette caméra a été réadaptée à l’aide d’une mise à jour gratuite, poursuit Laurent Scetbon. Il suffit ensuite de l’incliner. La caméra peut, selon le besoin, fermer son contact sec, ou transmettre l’information à un enregistreur ou à un logiciel central. Nous avons travaillé avec Milestone Systems sur le sujet, mais la plupart des éditeurs ont été réactifs. » Dernière évolution algorithmique en date chez Hikvision : l’évaluation de la densité instantanée de population, par l’intermédiaire de caméras multi-objectifs à 180°.
Des dispositifs similaires évaluant la distanciation physique ont spécialement vu le jour à l’occasion de la crise sanitaire. Axis Communications et Samsung ont fait alliance sur le sujet, de même que Philips PDS et Bosch Security Systems, qui ont lancé conjointement l’offre PeopleCount. Ce système de comptage repose a minima sur un écran Philips Android (de 10 à 98 p) qui affiche l’autorisation ou non d’entrer, une caméra Bosch qui transmet ses comptages unitaires et une application Android préinstallée, développée par Philips. L’installation est modulable selon la configuration des lieux (entrée et sortie séparées…) et peut être complétée si l’établissement est déjà équipé d’un écran Philips Android ou d’une caméra Bosch…
La suite de cet article, qui fait partie d’un dossier consacré à la prévention anti-Covid, est réservée à nos abonnés. Ce dossier est à lire dans SMART INTEGRATIONS MAG N°42 (daté septembre/octobre 2020). Profitez en pour vous abonner.



